Per sapere come le popolazioni rendono possibile la realtà sociale non bastano sondaggi d'opinione, raccolte di dati statistici o altri tipi di informazioni. Occorre interpellarle. Occorre studiare, con un metodo adeguato e attento, le loro parole e i loro pensieri. Solo così il nostro tempo potrebbe risultare meno incognito. Le scienze e politiche sociali potrebbero trarne insegnamenti fecondi per migliorare conoscenze e interventi. Questo è l'auspicio cui l'etnografia del pensiero dedica le sue fatiche.

Variations globales, variations méditerranéennes

Valerio Romitelli 

Je vais à discuter du sens des mots clés du titre de ce colloque - « globalisation », « communauté » et « réinvention » - tout en traitant au même temps aussi  des trois grandes thèmes d’actualité telles  que: 
1.  l’actuelle crise de l’hégémonie des Etats-Unis et la nouvelle puissance économique de pays déjà pauvres ( comme ceux du ainsi dit BRIC ou d’autres).
2. la condition géopolitique de la Méditerranée dans tel contexte de variations globales.
3. les possibles variations à venir de telle condition.

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Avec le terme « globalisation » on fait allusion normalement à un phénomène de l’élargissement et d’expansion : l’élargissement et l’expansion de l’économie du marché et de la circulation des informations à l’échelle mondiale. Date cruciale du plein développement de tout ça est reconnue dans 1989. L’événement concerné est bien évidemment la dissolution de l’empire soviétique et ses satellites. Leur régimes fermés et leur économies planifiées  en effet sont censées avoir étés de barrières à la globalisation montante, la quelle une fois libérée de tout obstacle se serait développée jusqu’au à ses dernières conséquences. Parmi celles-ci sont désormais bien reconnus aussi de très graves inconvénients  : ceux qui auraient amené à l’actuelle crise économique. Coupable en serait surtout l’obsession néolibérale pour le marché sans règles où  le capital financier aurait pu déclencher son maximum de rapacité.
Pour autant qu’elle soit satisfaisante pour l’opinion, ce très diffusé genre d’explication n’arrive pas à clarifier plus de ce qu’elle cache.   Quoi donc est-t-il ainsi caché? Il est caché le protagoniste politique principal de tout ce scénario, celui qui peut et doit être reconnu comme le majeur responsable de l’ensemble des plus récentes variations globales du monde.
En d’autre termes, si telles variations ne sont vues que comme élargissement et expansion on n’en voit que la dimension horizontale cachant et oubliant sa dimension verticale, de l’haut au bas, c’est à dire la question du pouvoir, du sujet qui décide des stratégies gouvernementales.
Pour identifier et analyser cette dernière dimension je trouve tout à fait appropriée la notion d’hégémonie, qui indique justement un primat, une supériorité, une capacité de conditionnement du contexte. Je m’oppose donc à toute vision de la globalisation qui n’implique pas une évaluation de l’hégémonie qui s’y exerce.
Sur un plan plus concret il faut donc reconnaître que la puissance hégémonique de la globalisation (telle quelle s’est réalisée dans la dernière vingtaine d’années) a été et est encore aujourd’hui celle des Etats-Unis.
Ce reconnaissance ne va pas de soi. Surtout après l’élection d’Obama.        
Le discours du Caire[1] qu’il a tenu le 4 juin de cette année représente en effet plusieurs incontestables nouveautés. Une des plus éclatantes  a certainement consisté à casser le tabou qui interdisait toute autorité « occidental » de nommer ensemble la « Shoah » juive avec la « Nabka » palestinienne. Mais une des plus stupéfiantes de ces nouveautés a consisté dans la déclaration de l’ouverture d’un « nouvel âge » dans les relations internationales : l’ « âge du partnership, du partenariat où le progrès doit être partagé». C'est-à-dire un âge dans le quel « l’échec serait inévitable » pour  tout «  ordre » qui  « érigerait une nation ou un groupe de personnes au-dessus des autres ».

Dans ce genre des déclarations l’observateur maligne n’aurait pas du mal à voire l’influence des impératives demandes posées à Obama par le roi ‘Abdallãh, justement le jour avant, le 3 juin. En le rencontrant le président des Etats-Unis a du écouter que : « La patience des arabes est terminée… » . Et que « Nous voulons que vous vous engagez sérieusement pour résoudre la question palestinien et imposer une solution, si il le faut »[2]
Mots assez dures, ces derniers, surtout si on pense quelle est la consistance de le dette de la superpuissance américaine envers l’Arabie Saoudite, outre que envers plusieurs d’ autres pays.
Endettement colossal, celui des Etats-Unis, qui cependant ne leur empêche pas de rester la majeur superpuissance militaire jamais vue dans toute l’histoire de l’humanité et pendant le dernier demi siècle constamment engagée dans une ou plusieurs guerres.

Voilà donc le paradoxe réel dont le discours d’Obama donne une nouvelle image. Il s’agit du paradoxe d’un pays qui détient l’ hégémonie global sans plus en avoir les moyens économiques, mais tout en en préservant les moyens et les stratégies de guerre[3].
Quoi signifie-t-il alors le « nouvel âge du partenariat global » dont le président des Etats-Unis a parlé il y a trois mois, pas trop loin d’ici, dans une des villes les plus importants de la Méditerranée? Certainement signifie quelque chose en nette discontinuité par rapport à l’administration américaine précédant. En effet, si au temps de Bush, l’hégémonie global états-unisienne était constamment revendiquée jusqu’aux plus extrêmes conséquences, au temps de Obama la même hégémonie est tout au contraire explicitement niée.

La plus parte des commentateurs sont optimistes et se réjouissent à ce propos.  Selon un’ opinion assez diffusée le « partnership » global entre tous les pays souhaitée par l’actuel président des Etats-Unis n’est que le digne couronnement du développement de la ainsi dite « e.démocratie » voire la « démocratie en réseau », fondée sur les nouvelles possibilités  informatiques. Avec tous ces termes on fait en effet allusion à cette sorte de régime communicatif et cosmopolitique  qui aurait été rendu possible grâce à l’entrée de l’humanité plus évoluée dans un supposé « âge de l’information et de la connaissance » : un tournant  anthropologique sans précédents qui aurait été ouvert par la « Computer Révolution » et ses conséquences ensuite diffusées via internet[4]. Dans cette perspective les majeurs mérites de cette amélioration de la condition humaine seraient à attribuer surtout aux entreprises multinationales, mais d’origine rigoureusement états-unisienne, qui auraient su créer et gérée les technologies nécessaires à la communication des information en réseau « démocratique ». Parmi les plus notables conséquences de tout ça il y aurait aussi à contempler la croissante diffusion de la richesse sur le plan global.
Un tel optimisme ne semble cependant tout à fait justifié. En effet, si le monde contemporaine est caractérisé par une croissante diffusion de la richesse, la quelle est toujours plus produite par des pays déjà pauvres (ceux du Bric, mai pas seulement eux), il y ont aussi plusieurs phénomènes de sens contraire et pas de tout positif. Par exemple, la tendance absolue diffusée partout qui fait que entre riches et pauvres les distances ne cessent de s’accroître. Mais il faut aussi reconnaître que si l’actuel crise financière est ainsi sans précédents et avec des conséquences tout à faite imprévisibles, c’est surtout parce que les flux financiers orientant l’économie ont étés toujours plus à la suite des flux d’ information non pas contrôlés que par d’autres flux d’information dans un cercle vicieux où le succès dans la communication ( en particulier le succès des notoires « Credit Rating Agencies ») a été considéré  la meilleure garantie des les plus hautes bénéfices.
Si on pense à cet ordre des nombreux et profondes problèmes irrésolues de notre temps il n’est pas évident de devoir croire à  le « nouvel âge de patrnership internationale» dont parle le dernier arrivé au gouvernement des Etas-Unis. 
Toutefois l’optimisme semble presque inévitable à propos de l’ « antihégémonisme » de Obama. Et cela pour la très simple raison qu’ outre à celle américaine il n’y a aucune autre hégémonie la quelle ose se proposer sur le plan global. Il suffit de penser, à propos des questions méditerranéennes par exemple, qu’aucune autorité « occidentale » s’était jamais poussée ainsi loin comme l’a fait le président américain le 4 juin en parlant au même temps de « Shoah et de « Nabka ». Du reste, de la part des mêmes pays (comme la Chine ou l’Arabie) qui avec leur crédit garantissent la survie des Etats-Unis (et donc aussi de leur extraordinaire puissance militaire) aucune proposition ne semble pas venir à propos des nouvelles possibles orientations politiques du monde.

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Une thèse à mon sens tout à fait soutenable c’est que dans la Méditerranée, voire l’espace géopolitique qui est appelé MEDA (incluant Ue, Algérie, Égypte, Israël, Maroc, Palestine, Syrie, Tunisie, Turque et Libye) ils y auraient des conditions, en termes de puissance économique et d’historie intellectuelle, favorables pour penser le présent du  monde dans d’autres perspectives : autres par rapport à la déconcertante alternative entre l’hégémonisme arrogant ou l’antihégémonisme « politically correct ». C'est-à-dire selon la brusque oscillation imposée par la succession Bush-Obama.

Bien entendu, je ne souhaite point une chose bizarre telle quelle serait une hégémonie  MEDA sur le monde entier. L’histoire de l’Empire romaine et de ses suites je trouve mieux la juger définitivement périmée, et depuis très longtemps. Mais d’autre part je ne crois pas à la pronostique selon la quelle les destins du monde se fragmenteront ou se décideront selon les différents désirs de ceux qu’on suppose être des communautés ethniques et/ou religieuses.
Pour mieux expliquer ce point à mes jeux crucial je propose un court détour à propos de ce dernier terme, communauté, aujourd’hui assez abusé.
Quand on l’utilise, il faudrait en effet bien se souvenir de la plus classique des ouvrages que est lui consacré . Il s’agit du très fameux libre écrit à ce propos par de Tönnies[5] vers la fin du XIX Siècle et qui donne une contribution dècisive à la vexata quaestio entre Kultur et Civilisation. En effet, tout en avouant sa nostalgie pour la dimension communautaire en train de dissoudre, cet auteur a bien caractérisé ce qui spécifie la différente dimension collective qui mérite l’attribut de « sociale ». Pour lui si le « communautaire » évoquait tout ce qui unifiait les individus sur la base des traditions les plus anciennes, le « sociétale » par contre ne se donne que là où s’imposent les différenciations modernes des individus. Différenciations dues, pour exemple, à la division sociale du travail et au ses conséquences en termes de redistribution des revenues.
Or, il faut bien reconnaître que désormais depuis une trentaine d’années la modernisation des sociétés s’est fort compliquée et surtout obscurcie. Avec délocalisation des entreprises, par exemple, le travail manuel est très souvent déplacé de pays où il est au jour ( voire plus ou moins réglé et garanti)  à pays où il devient « au noir » ( voire sans règles ni garanties). Avec l’extraordinaire  financiarisation  du capital, autre exemple, le gouvernement des entreprises ( voire ce que d’antan coïncidait avec la personne du «  patron ») est devenu toujours moins identifiable. D’où une vaste diffusion d’ignorance à propos de beaucoup de majeurs phénomènes économiques, sociales et politiques déterminant notre temps. C’est ici, dans la considérable et grandissante obscurité du présent, que à mon avis c’est à chercher l’origine du retour de traditions communautaires.
Tout au contraire, pour beaucoup d’approches aujourd’hui dominants dans les sciences sociales et qui on pourrait les nommer « post- moderns » (bien que dans un sens très large), le return de traditions communautaires n’est pas vue comme régression, mais comme le dévoilement finalement achevé des sensibilités plus profondes du collectif : profondeurs ethniques et/ou religieuses que la modernisation n’aurait que cachées, oubliées ou refoulées. Les modernisations économiques et sociales résultent alors comme des phénomènes superficiels qui se seraient finalement dispersés. Mon idée, j’insiste, c’est, bien différemment, que les actuelles transformations sociales du monde sont tellement compliquées et requièrent une fatigue intellectuelle tellement intense que face à celles-ci on préfère souvent tourner le dos, pour se réfugier dans de vieilles faibles ethniques et religieuses remises au jour et ainsi présentées comme clefs privilégiées pour la compréhension du présent. Voilà donc que le succès et la nouveauté du « communautarisme » d’aujourd’hui ne feraient que couvrir les graves difficultés, voire l’incapacité, de penser les phénomènes sociaux, voire économiques et politiques,  de notre temps en en fournissant des semblants mythiques imaginairement satisfaisants.
Si ce genre de fantasmes régressifs s’alimentent et se confirment c’est aussi en raison de la crise qui dès la fin de la deuxième guerre mondiale a érodé un des majeures points de référence et d’orientation de tout modernisation économique, sociale et intellectuelle. Je fais allusion à l’Etat-nation qui a été au centre de toute transformation politique en Europe et ailleurs entre le XV e le XX siècle, mais qui a finit partout pour perdre beaucoup de ses pouvoirs dans le deuxième parti du XX siècle. C’est donc  dans le vide de pouvoir ainsi crée que des inédits  phénomènes locales se sont diffusés comme jamais avant. Et c’est pour essayer à les réduire à quelque chose de déjà connus qu’ils ont étés décrits et traités en termes ethniques et religieux.  Mais il faut bien voire à quelles conséquences amène cette perspective sur un plan géopolitique. En effet si on postule que sont ethnies et religions a décider des destins de l’Humanité la conclusion plus probable est que ces destins se résoudront à travers ce que on appelé «  crash of civilisations ». 
Pour éviter ce genre de conclusions désastreuses et au fond bellicistes il faut constater que la réduction de la capacité souveraine des Etats nations est due surtout à l’importance croissante acquise par des gouvernements multinationals. Ce sont ceux-ci les vrais héritiérs de ces pouvoirs  géopolitiques qui ont étés étatiques. En effet, partout à gouverner la globalisation il n’y a que unions de plusieurs Etats (les Etats-unis américains, la CSI russe, la République chinoise, le Brésil, l’Inde, l’Union Européenne, etc. ) ou entreprises diffusées au niveau mondiale, celles dont Microsoft est l’exemple inégalé.
Voilà donc pourquoi je trouve que la démocratie, le partnership sur le plan géopolitique ne pourrait pas jamais être avant tout une question de communautés ethniques et religieuses, ni sa solution pourra venir de ces gouvernants qui ( comme l’a fait Obama) nie leur responsabilité hégémonique. Je crois en effet que le monde entier en tant que tel ne sera réellement géré par  plusieurs gouvernements que si ils y auront plusieurs hégémonies multinationales. Ce qui veut aussi dire que toute réalité locale ou globale n’a pas d’avenir que à l’intérieur d’un champ hégémonique singulier incluant plusieurs pays et unifié par une stratégie mondiale différenciée par rapport à d’autres stratégies mondiales.


C’est à partir de cette prémisse que je soutien que le nom Méditerranée pourrait aujourd’hui désigner un de ces zones capable d’hégémonie à visée mondiale.

La puissance économique dans ce sens ne semble pas manquer. Dans prochain avenir ce n’est pas exclu que autours cette mer on arrive à créer le 30 % du Produit Lourd Mondiale et déjà on atteint au tiers du commerce du globe. Le trafic maritime de l’est vers l’ouest récemment connaît des sommets inédits, comme aussi les investissements venant de tout coin du monde. Et si les Etats-Unis semblent même ici diminuer leur capacité d’influence économique, celle des nouveaux pays en voie d’enrichissement  ne cesse pas d’augmenter, malgré les effets de la crise financière générale[6].
Mais, surtout, deux rivières de la Méditerranée appartiennent à deux continents dont chacun a une histoire économique d’une certaine manière d’une diversité complémentaire à l’autre. Si en effet l’Europe a été la patrie du capitalisme des origines et de ses développements modernes, aujourd’hui il lui devient toujours plus problématique d’ être le vieux continent. Quant à l’Afrique, tout au contraire, il s‘agit du plus vaste espace où le capitalisme s’est manifesté surtout de l’extérieur et par ses effets destructifs. Or comment enseignent les experts du développement  économique rien n’est plus favorable à ce dernier que de dynamiques de rattrapage[7]. Et c’est indéniable que l’Afrique et le Nord Afrique récemment ont déjà fait plusieurs pas sur le voie du rattrapage économique.

D’autre parte, on le sait bien, ce continent est tourmenté, non pas encore, mais toujours plus par guerres, faim, soif, maladies.
Et, quant à le coté moyen-orientale de la Méditerranée, là où nous sommes, le conflit israelo-palestinien continue sans cesse.

Vue sa puissance on pourrait attendre de l’Ue les majeurs efforces pour faire face a tous ces problèmes qui tourment la mer où ses frontière méridionales se perdent. Mais bien autrement les engagements du vieux continent demeurent faibles dans l’aide à l ‘Afrique comme dans le labeur diplomatique à faveur de la paix en Moyen Orient. On prétend plutôt d’y intervenir avec des forces armées et à la suite des stratégies Otan, inévitablement plus atlantistes que méditerranéennes. D’autre part, à la place de concéder au flux de main d’œuvre venant de l’Afrique une liberté pareil à celle concédé le plus souvent aux capitaux, l’Europe préfère s’ériger en « forteresse »[8], démontrant en pas mal de cas un cynisme brutal face aux naufrages et aux souffrances de migrants[9]. En accueillir un bonne partie, en leur infligeant le statut de illégales c’est désormais une stratégie politique acquise par la majorité des pays du vieux continent qui évidemment trouvent cela économiquement avantageux[10].

Cependant que la Méditerranée mérite des politique ad hoc c’est une idée que a fait son chemin parmi les pays de l’UE, qui s’est doté aussi de plusieurs institutions dans ce but.
Le problème actuellement est représenté moins par les échecs rencontrés sur ce chemin, que par l’incapacité d’en faire bilan. Ainsi récemment grâce à Sarkozy on a assisté à la réapparition simplifiée et négligée de plusieurs objectifs déjà fixés à Barcelone il y a presque 15 ans et dans l’entre temps jamais atteints[11]. La soumise adhésion de l’UE à l ‘OTAN implique nécessairement  des conséquences stratégiques hétérogènes les quelles certainement ne favorisent pas des politiques européennes centrées sur la Méditerranée.  On le voie bien, par exemple, dans les nombreuses polémiques suscitées par les nouvelles relations qui récemment sont en train de s’établir entre Italie et Libye[12].
    
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Dans ce contexte la Méditerranée se pose comme grand question géopolitique. La certitude acquise est que cette mer soit déjà le théâtre des plus importantes dynamiques de l’économie globales, L’incertitude plus complète règne par contre sur la éventualité que autour de cette mer pourra aussi se constituer un espace singulier des choix et des stratégies globales.
Force est alors de s’interroger sur les principes et les idées qui puissent contribuer à clarifier comment et dans quel sens la Méditerranée pourrait devenir protagoniste du premier plan du monde contemporaine.
       
C’est justement dans une île de ce même mer que a eu lieu une des élaborations intellectuelles les plus intéressantes concernant la question de l’hégémonie. Il s’agit de l’île Ventotene où, exilé par le fascisme, Antonio Gramsci a écrit ses « cahiers » avec des notes devenues  très fameuses sur les modes d’exercice du pouvoir. C’est ce-ci pour lui le contenue plus profond de la problématique de l’hégémonie, la quelle, pour aller en toute vitesse, contemple une distinction fondamentale entre deux types : d’une coté, l’hégémonie qui se borne à exercer une « domination », de l’autre, l’hégémonie qui déroule aussi un fonction de « direction ».
La différence cruciale réside dans le caractère explicit et dans la portée intellectuelle, les quels sont accessoires et instrumentales dans le premier type, tandis que dans le second type les mêmes sont nécessaires et décisifs.
Du point de vue géopolitique, qui ici nous intéresse, l’hégémonie dominante serait donc une hégémonie qui s’exerce simplement en fonction de l’ extension ou de la conservation d’un pouvoir d’un pays sur des autres ; quant à l’hégémonie dirigeante on dira tout au contraire qu’elle réside dans la capacité d’un pays de représenter un exemple positif et ainsi une orientation intellectuelle pour beaucoup d’autres pays. On peut aussi dire que si dans la premier cas toute sorte de pluralisme géopolitique est simplement empêché, dans le second cas chaque pays est stimuler à mobiliser ses ressources intellectuelles.

De ce schéma on peut tirer quelques principes utiles au regards des question ici posées:  I) la possession d’un pouvoir économique, institutionnel ou militaire implique nécessairement l’exercice d’une hégémonie : II) tout le problème politique réside alors dans le mode responsable ou irresponsable par le quel on exerce l’hégémonie. III) pour le faire dignement,  il faut que cet exercice soit il plus possible dirigeant, c'est-à-dire déclaré et intellectuellement stimulant.

En effet, c’est justement ce qui est revendiqué par les Etats-Unis, quand ils se considèrent et sont considérés la patrie de ce qui est réputée être le plus grand tournant cultural au moins dès le dernier après guerre :  la ainsi dite révolution informatique et de ses conséquences en termes de « démocratie communicative ». Y participant, les êtres humains sont censés s’intégrer dans une communauté respectueuse des différentes communautés (ethniques et religieuses) et de la pluralités des identités personnelles. Problème prioritaire est alors de mettre en sécurité cette sort de méta communauté communicative face aux danger qui seraient représentés par d’autres communautés arriérées dans la communication et pour autant jugées autocentrées et répressives.

Or, quoi d’autre on pourrait dire au nom et en faveur de une nouvelle capacité hégémonique dirigeant centré sur l’espace de la Méditerranée?

Au présent, pas grande chose. Avant été le front principal de la « long guerre froide », la plus grande partie des pays autours de cette mer ont en effet subi toute sorte d’influence diplomatique, économique et culturelle de la part de deux superpuissances. Influence qui est devenue a sens unique à partir des années 90 en raison de l’écroulement de l’ Urss et du triomphe des Etats-Unis. Dès ce temps en avant, aussi pour discuter d’un nouvel espace méditerranéen il semble obligatoire de en parler avant tout comme possible espace intégré des communautés communicatives donc démocratiques, à mettre en sécurité contre toute autre genre de communauté. Cependant, confirmer ce stéréotype inculqué dans l’opinion ne favori certainement pas une géopolitique méditerranéenne. En effet celle-ci ne pourra exister que étant inédite et singulière, par rapport au monde façonné par l’hégémonie état-usienne.  Dans ce sens je crois que quelques contributions  pourront venir de nouveaux bilans des héritages laissés par d’autres temps autours cette mer.
Pour donner un pair d’exemple à ce propos je cite deux grandes traditions.

i) La prémière je pense qu’il faut la chercher dans ces mêmes années qui ont été l’objet de l’intense colloque tenu chez l’Université de Nice le début d’avril et promu par l’ami Jean Yves Boursier. Ils s’agit des années 70. Dans ce temps là en effet on peut retrouver la dernière grand explosion de une tradition intellectuelle en suite dispersée. Une tradition, dont l ‘Europe avait été la patrie et qui s’était fort disséminée en Afrique et en Moyen Orient, comme du reste dans les autres continents, en y rendant possible des politiques et des formes d’organisation sans précédents.  
Il s’agissait de la même tradition de Gramsci : la tradition classiste et révolutionnaire.
Les questions prioritaires n’étaient pas celles des communautés, d’identité personnelles, religieuses, ethniques. Plutôt que à les intégrer on visait à opérer des distinctions dans le social, des distinctions comme celle entre le travail et le capital, c’est à dire entre ceux qui n’ont que la propre fatigue à vendre et ceux qui ont le pouvoir de décider de l’emploi de cette fatigue. Ni les solutions étaient pas cherchées avant tout dans la communication, visant à y créer des impacts, ou dans la chasse aux informations. Et quant à  sécurité contre les ennemis vrais ou présumés, elle n’était point l’obsession telle quelle est aujourd’hui. On pensait plutôt à défier les vieux préjugées, à connaître les conditions des pauvres et des exploités, à les organiser politiquement.
Le but était bien sur la révolution prolétarienne qui aurait du faire disparaître les capitalistes et instaurer ce paradis en terre qui était appelé communisme. Ça bien evidemment n’a pas marchè. Les années 70 on peut dire en effet représentent le comble pardoxal des politiques classistes qui dans le cours du siècle dernier avaient pris corps dans des partis idéologiques ayant celui au guvernement dans l ‘ URSS comme symbole et modèle. C’est justement dans ces années là que tous ces termes, comme classe ouvière organisée et idéologie communiste, au moment même où connaissent un succés et des consensus extraordinaires, explosent et se pulvérisent dans une multipicités d’expériences politiques infiniment différenciés. Et c’est justemente à la suite de ce moment là que les originaires penchants plus rapaces du capitalisme ont recommencé à se déchaîner sous la couverture des dogmes néolibérales.
L’incapacité alors et ainsi démontrée par la tradition classiste rend nécessaire la constatation de sa conclusion sans appel.
Le collapse de l’Union Soviétique, de tous les pays et les organisations qui l’assumaient comme modèle, l’évaporation du communisme chinois comme d’autres survivants, aussi la mise au jour des conséquences mortifères et sacrificielles de l’ « antagonisme de classe », tout cela rend claire que l’expérience de la lutte de classe et de la révolution prolétarienne est définitivement périmée.
Toutefois je suis convaincu que sans savoir ce qu’il y a à reprendre de cette tradition  classiste on ne peut savoir non plus d’où commencer pour penser autrement de ce que nous disent les discours état-unisiens sur l’âge actuel comme âge malgré tout bénite et heureuse grâce à la diffusion de la connaissance via internet.
Ce n’est pas donc par ce genre de perspective qu’on peut non plus essayer de saisir aussi les nouvelles possibilités d’une hégémonie géopolitique méditerranéenne. Les pays autours de cette mer ont en effet représenté un théâtre révolutionnaire important en un temps où la globalisation n’était qu’un rêve. Aujourd’hui que celle-ci est devenu une réalité  ce n’est pas dit que ce ne soit pas justement au nom de la Méditerranée qu’on puisse trouver de politiques post- classistes, de paix et d’équité sociale, en exception au cauchemar belliciste des prétendues communautés identitaires. 

ii) Mais, comme j’ai annoncé, il y a aussi au moins une autre grande tradition à repenser pour trouver une requalification géopolitique de cette mer.
Il s’agit ni plus ni moins de la tradition du monothéisme. En effet, c’est bien autours de la Méditerranée que la thèse d’un dieu unique a germé et s’est développée avec tous ces plusieurs branches.
Et bien, sans vouloir entrer dans les interminables débats à ce sujet, j’y tiens ici à ne souligner qu’un  point.
Que dans cette idée du dieu unique il y a aussi affirmé, avec une force introuvable dans tous les polythéismes, l’idée de la création, de la création « ex nihilo ». Qu’il est possible de créer un monde, pas seulement d’y vivre ou le gérer : voilà une des plus extraordinaires trouvailles faites autours à ce mer !
Ce n’est donc pas par hasard que cette dernière ait été aussi le scénario des majeures inventions scientifiques et artistique, outre que politiques, les quelles ont fait de l’humanité une espèce bien différenciée dans le royaume des animaux.
L’invention en d’autres termes est-t-elle aussi, je dirais, une spécialité typique de la Méditerranée.
Il faut bien s’en souvenir, surtout si on se interroge sur les opportunités le  réinventer, comme il est dit dans le titre de ce colloque.



[1]  In The New York Times, 6/6/ 2009

[2] Cité par le quotidien arabe al-Hayāt. Cf. U. De Giovannangeli, Obama - Netanyahu: rotta di collisione, in Limes. Rivista italiana di geopolitica,  4., 2009. 
[3] Á propos de sa présence dans la Méditéerranée cf. F. S. Larrabee, L’america rimane una potenza mediterranea in Limes , cit
[4] Á ce propos, une critique dèveloppée et des alternatives euristiques ont étées proposé dans le recueil des plusieurs rapports des enquête introduites par moi : Fuori della società della conoscenza. Ricerche di etnografia del pensiero, Roma, 2009.
[5] F. Tönnies, Gemeinschaft und Geselleschaft, Frankfurt am Mein, 1887
[6] Cf. J. M. Palencia, Il futuro è al sud, in Limes, cit.
[7] Cf. P.-N. Giraud, L’inégalité du monde.L’économie du monde contemporaine, Paris, 1996
[8] Cf. www.fortresseurope.blogspot.com et P. Monzini, Fortezza Europa :  come cambiano le rotte della disperazione in Limes, cit.
[9] M. Delle Donne, Un cimitero chiamato Mediterraneo, Roma , 2004
[10] H. De Hass, The myth of invasion. Irregular migration from West Africa to the Maghreb and the European Union, Oxford, 2007
[11] E. Martial, Gli errori dell’Europa, in Limes cit.
[12] C. Gazzini, Il “grande gesto” dell’I talia verso la Libia in Limes cit